Un document tamponné posé à côté d'un registre ouvert

Une famille appelle en février. Le grand-père se déplace en fauteuil, ils veulent deux nuits fin mai, et la question arrive en trente secondes : est-ce que le sanitaire est accessible, et est-ce qu'on peut arriver à l'emplacement sans marche. Si vous hésitez au téléphone, la réservation part ailleurs. L'accessibilité du camping n'est pas seulement une obligation d'établissement recevant du public, c'est une information commerciale que vos clients cherchent avant de réserver. Et elle passe par un document que beaucoup de campings possèdent sans savoir où il est : le registre public d'accessibilité.

Un camping est un ERP

Votre camping est un établissement recevant du public, et la réception, le sanitaire, le bar, la piscine et les cheminements qui les relient entrent dans le champ de la réglementation accessibilité. Cela ne veut pas dire que tout doit être neuf ni que chaque emplacement doit être adapté. Cela veut dire que l'accueil, les prestations et les circulations principales doivent être utilisables par une personne handicapée, et que ce qui ne peut pas l'être doit être identifié et justifié.

Le handicap ne se limite pas au fauteuil. La réglementation vise aussi les déficiences visuelles, auditives, mentales et cognitives. En pratique, sur un camping, cela se traduit par des choses très concrètes : un cheminement stabilisé et sans ressaut jusqu'aux sanitaires, une banque d'accueil avec une partie basse, un éclairage suffisant le soir, une signalétique lisible, et du personnel qui sait quoi répondre.

Le registre public d'accessibilité

C'est l'obligation la plus simple à remplir et la plus souvent oubliée. Tout ERP doit tenir un registre public d'accessibilité, mis à disposition du public à l'accueil, sur papier ou sous forme numérique consultable. Il ne s'agit pas d'un dossier technique de cent pages, mais d'un document court qui contient :

Le registre doit être consultable sur place, et si vous avez un site internet, il est logique d'en mettre la version numérique en ligne. C'est un document que l'on vous demandera lors d'un contrôle, et c'est aussi la manière la plus rapide de répondre à la famille qui appelle en février.

Si vous ne le trouvez pas, refaites-le. Une demi-journée en novembre suffit, avec les plans, les factures des travaux déjà faits et les éventuelles dérogations accordées par la commission d'accessibilité.

Dérogations et travaux : où en êtes-vous vraiment

Le dispositif d'agenda d'accessibilité programmée n'accepte plus de nouveaux dépôts depuis plusieurs années. Si votre camping en avait déposé un, il faut le suivre jusqu'au bout et conserver les attestations d'achèvement. Si vous n'en avez jamais déposé et que l'établissement n'est pas conforme, le sujet ne disparaît pas : faites le point avec un bureau de contrôle ou un maître d'oeuvre, puis prenez contact avec le service compétent en préfecture ou en mairie pour savoir comment régulariser votre situation.

Il existe des dérogations, notamment pour impossibilité technique, pour contraintes liées au terrain ou pour disproportion manifeste entre le coût des travaux et leurs effets. Elles ne se supposent pas, elles se demandent et s'accordent. Un camping en pente, ce qui n'a rien d'exceptionnel, a des arguments solides à faire valoir, à condition de les présenter.

Ce qui change vraiment pour un campeur

Au delà du texte, voici ce que regardent les clients concernés, dans cet ordre :

Ce dernier point est celui qui rapporte. Une famille qui trouve sur votre site la largeur de la porte de la salle d'eau et la pente du chemin réserve chez vous plutôt que chez le voisin qui écrit seulement accessible. Et cela évite l'arrivée catastrophe du vendredi soir, quand la réalité ne correspond pas à la promesse.

Le label Tourisme et Handicap

Ce n'est pas une obligation, c'est un label. Il est délivré après une visite d'évaluation et porte sur quatre familles de handicap, avec un pictogramme par famille. Il a deux intérêts : il oblige à regarder le camping avec les bons yeux, et il vous rend visible sur les canaux et les guides qui filtrent par accessibilité. Renseignez-vous auprès de votre fédération ou de votre comité départemental du tourisme si vous envisagez de le demander, parce que la démarche se prépare hors saison.

Pensez à noter le besoin dans la réservation

Une information d'accessibilité qui reste dans la tête de la personne qui a pris l'appel ne sert à rien. Notez le besoin sur la réservation elle même : emplacement adapté demandé, fauteuil, proximité sanitaire, chien guide. Le jour de l'arrivée, celui qui accueille voit la même chose que celui qui a réservé.

Avec CampSuite, la réservation, les coordonnées du client, l'acompte et les messages échangés sont au même endroit, y compris sur un téléphone, et les arrivées du jour s'affichent avec ce qui a été noté. Vous pouvez voir comment les réservations et les emplacements s'organisent dans les fonctionnalités, et ce que cela coûte sur la page des tarifs.

À faire cet hiver

L'accessibilité est un de ces sujets qui coûtent cher quand on les découvre en pleine saison et presque rien quand on les traite en novembre. Le registre prend une demi-journée, le mètre ruban une matinée, et les deux vous font gagner des réservations que vous perdiez sans le savoir. Pour organiser vos réservations et vos arrivées au même endroit, regardez les solutions pour petits campings ou écrivez-nous.