Une liste de tâches du jour avec des cases cochées et un trousseau de clés

Une branche tombe en août sur un auvent. Un enfant chute du toboggan sur un sol tassé depuis trois saisons. Un campeur met le pied dans un trou sur le chemin des sanitaires. Dans les trois cas, la question qui arrive ensuite n'est pas pour vous, elle est pour votre assureur : l'installation était elle vérifiée régulièrement, et pouvez vous le prouver. Les aires de jeux et les arbres au camping relèvent de votre responsabilité de gardien des lieux, et ce qui fait la différence devant un tribunal n'est pas la qualité de votre entretien mais sa trace écrite.

Les aires de jeux ont leurs propres textes

Les aires collectives de jeux sont encadrées par une réglementation spécifique, issue de deux décrets des années 1990 : l'un sur les exigences de sécurité des équipements, l'autre sur les prescriptions applicables aux aires elles mêmes. Ce second texte impose à l'exploitant une obligation qui est souvent ignorée et qui est pourtant simple : établir un plan d'entretien et un plan de vérification, et conserver la trace des opérations réalisées.

Concrètement, cela veut dire trois choses. D'abord, écrire ce que vous vérifiez et à quelle fréquence. Ensuite, le faire et le noter, avec la date et le nom de la personne. Enfin, conserver ces documents, parce que c'est ce que l'on vous demandera.

Dans la pratique, les professionnels organisent les contrôles sur trois niveaux, en s'appuyant sur les normes applicables aux équipements et aux sols amortissants :

Tenez un seul registre pour tout cela, avec une ligne par passage, et une colonne pour le défaut constaté et une pour sa correction. Un registre vide est exactement ce qui fait perdre un dossier.

Pensez aussi aux équipements qui ne sont pas officiellement une aire de jeux : la balançoire installée au bord du bois, la tyrolienne bricolée, le vieux trampoline. S'il est là et que des enfants s'en servent, il entre dans le périmètre. Soit vous l'intégrez au plan de vérification, soit vous le démontez.

Les arbres : le plus gros risque du camping

Les vieux arbres sont la raison pour laquelle vos clients viennent chez vous, et le risque unitaire le plus élevé du terrain. En tant que propriétaire ou exploitant, vous devez surveiller votre patrimoine arboré et faire procéder aux travaux nécessaires.

La bonne pratique consiste à faire réaliser un diagnostic par un expert arboricole, puis des contrôles visuels réguliers par une personne formée, dont la fréquence dépend de l'âge, de l'état et de l'emplacement de l'arbre. Sur un camping, la hiérarchie est évidente : d'abord les arbres au dessus des emplacements, des chemins, de l'aire de jeux et des locatifs, ensuite le reste.

Numérotez les arbres, reportez les numéros sur un plan simple, et demandez un compte rendu écrit avec, pour chaque sujet, la date, le constat et la préconisation. Et surtout, exécutez les préconisations. Un diagnostic dont les préconisations n'ont pas été suivies est plus défavorable qu'une absence de diagnostic, parce qu'il prouve que vous saviez.

Vérifiez enfin si une protection locale s'applique avant d'abattre ou de tailler sévèrement, notamment dans un espace boisé classé ou un site protégé. Un abattage fait sans vérifier coûte plus cher que la branche qu'il enlevait.

Chemins, éclairage et la période de fermeture

La partie la moins spectaculaire est celle qui produit le plus de petits sinistres. Parcourez le terrain deux fois par an avec un carnet et notez les trous, les racines affleurantes, les dalles descellées, les tampons de regard affaissés, les luminaires hors service et les marches sans nez marqué. L'éclairage n'est pas un confort : il fait partie de la sécurisation des cheminements, en particulier vers les sanitaires.

Si le camping accueille des résidents ou ouvre hors saison, décidez par écrit quels chemins sont entretenus, dans quel créneau, par qui, et notez chaque intervention. Les zones que vous ne sécurisez pas, fermez les réellement et signalez les. Une barrière que tout le monde enjambe parce que le raccourci passe derrière n'est pas une barrière.

Ce que votre assureur demandera

Préparez une chemise mince, pas cinq classeurs. Elle contient le plan des arbres numérotés et les comptes rendus de contrôle, le registre de l'aire de jeux avec les trois niveaux de vérification, les factures des travaux réalisés, le plan d'entretien écrit, les rapports de contrôle de l'installation électrique et des coffrets d'emplacement, et les constats d'incident.

Notez les incidents sur la réservation du client concerné, avec l'heure, ce qui s'est passé et qui est intervenu. La note doit survivre à la saison. Dans CampSuite, la réservation garde le client et ses coordonnées, l'acompte, les messages et la facture au même endroit, y compris depuis un téléphone, donc la note du dimanche soir est encore trouvable en mars. Voyez les fonctionnalités et la page des tarifs.

À faire pendant la fermeture

Aucun de ces points ne coûte cher. Ce qui coûte, c'est la preuve qui manque le jour où on la demande, et cette preuve est toujours la même : une date, un nom, un défaut corrigé. Prenez le mois d'octobre pour la fabriquer, quand le terrain est vide. Pour garder les réservations, les clients et vos notes au même endroit, regardez les solutions pour locatifs ou écrivez-nous.