Le 15 août, la zone de tri ressemble à une décharge : un carton de pizza dans le verre, un sac noir posé à côté du bac jaune parce qu'il était plein, et deux chaises de camping cassées contre le mur. Personne n'a mal agi, le système a juste cédé sous la charge. Les déchets au camping sont un sujet où l'obligation réglementaire et le bon sens pratique pointent dans la même direction : moins de volume, mieux séparé, et une signalétique que lit quelqu'un qui ne parle pas français.
Vos déchets sont professionnels, pas ménagers
C'est le point de départ et il surprend encore beaucoup d'exploitants. Un camping produit des déchets d'activité économique, même s'ils ressemblent à des ordures ménagères. Deux conséquences.
D'abord, la collecte. Votre collectivité peut assurer la collecte de ces déchets assimilés, et dans ce cas elle peut instituer une redevance spéciale qui s'ajoute ou se substitue à la fiscalité habituelle, calculée sur le volume ou le service rendu. Elle peut aussi ne pas les prendre, et vous devez alors contracter avec un prestataire privé. Ne le supposez pas : appelez le service déchets de votre intercommunalité, demandez par écrit ce qui s'applique à votre établissement et à quel volume, et classez la réponse.
Ensuite, le tri. La réglementation impose aux producteurs et détenteurs professionnels de trier à la source et de faire valoriser séparément plusieurs flux de matières, papier et carton, métal, plastique, verre, bois, auxquels se sont ajoutés le plâtre et les textiles. Et depuis le 1er janvier 2024, l'obligation de tri à la source des biodéchets s'applique à tous les producteurs, sans seuil de tonnage : un camping avec une restauration, même petite, est concerné.
Demandez à votre prestataire les justificatifs de prise en charge de chaque flux et gardez les. C'est ce qu'on vous demandera, et c'est aussi la seule preuve que vos déchets sont partis vers une filière autorisée.
Les flux particuliers qui coûtent cher quand on les oublie
Certains déchets ne vont jamais dans le bac général, et ce sont ceux qui créent les problèmes :
- Les huiles alimentaires usagées du snack ou du restaurant. Elles se remettent à un collecteur, jamais à l'évier, et jamais dans le bac. Une friteuse vidée dans l'assainissement coûte une intervention de pompage et, si vous êtes en non collectif, bien davantage.
- Les déchets dangereux de l'atelier et de la piscine : huiles moteur, peintures, solvants, produits chlorés, batteries, piles, néons et ampoules. Circuit séparé, local fermé, bordereaux conservés.
- Les déchets d'équipements électriques, du vieux réfrigérateur de location au ventilateur mort, qui relèvent d'une filière de reprise.
- Les pneus, les gaz et les extincteurs périmés, chacun avec sa filière.
- Les encombrants et les déchets verts : chaises cassées, parasols, tailles de haies. C'est ce qui s'empile dans le coin du fond pendant trois ans.
- Les déchets des campeurs qui partent : en fin de séjour, on abandonne des tentes, des matelas gonflables et des glacières. Prévoyez le volume et la filière, parce que cela arrive chaque année aux mêmes dates.
Des bacs que les campeurs utilisent vraiment
Le tri échoue presque toujours pour des raisons physiques, pas morales. Quatre règles changent tout.
D'abord l'emplacement. Les points de tri doivent être sur le chemin naturel, entre l'emplacement et les sanitaires ou la sortie, pas derrière le local technique. Un point de tri à cent mètres du bloc sanitaire reçoit la moitié de ce qu'il devrait.
Ensuite le nombre. Mieux vaut six petits points bien répartis qu'un grand point unique : la poubelle la plus proche gagne toujours.
Puis la signalétique. Des pictogrammes, pas des mots, et surtout pas seulement en français. Vos clients néerlandais, allemands et britanniques ne trient pas de la même façon chez eux, et les couleurs ne veulent pas dire la même chose d'un pays à l'autre. Une image de la chose qu'on y met résout ce problème sans traduction.
Enfin la capacité en haute saison. Un bac plein le 14 juillet à midi devient un dépôt sauvage à 13 heures. Comptez le volume sur vos trois jours les plus chargés, pas sur la moyenne, et prévoyez une tournée supplémentaire ces jours là plutôt qu'un bac de plus toute l'année.
Réduire le volume avant de trier
Le déchet le moins cher est celui qui n'arrive pas. Trois leviers fonctionnent sur un camping.
L'eau du robinet : si elle est potable, dites le clairement, avec un point de remplissage visible. Un camping qui communique sur son eau potable voit baisser nettement le nombre de bouteilles plastique dans ses bacs.
Le snack : vaisselle réutilisable plutôt que jetable, et une consigne simple pour les gobelets. Cela supprime un flux entier et l'investissement se rembourse en une ou deux saisons.
Le compostage des déchets verts sur place, quand vous avez la place, pour les tailles et la tonte. Vérifiez auprès de votre collectivité ce qui est admis, puis utilisez le résultat dans vos massifs.
Et mesurez. Notez le nombre de levées ou de bacs sortis par mois, et posez le à côté des nuitées du même mois. C'est la seule façon de savoir si une mesure a servi. Avec CampSuite, les rapports vous donnent l'occupation par période, donc le volume par nuitée vendue cesse d'être une impression, et le message qui annonce aux clients déjà réservés une nouveauté comme un point de tri ou un point d'eau part de la réservation elle même. Voyez les fonctionnalités et la page des tarifs.
À régler avant la saison
- Régime de collecte confirmé par écrit avec le service déchets de l'intercommunalité, redevance spéciale comprise.
- Contrat avec un prestataire privé pour les flux non pris en charge, justificatifs classés.
- Tri à la source des flux de matières obligatoires en place, avec les attestations de valorisation.
- Tri des biodéchets organisé, y compris pour une petite restauration.
- Huiles alimentaires usagées remises à un collecteur, bordereaux conservés.
- Déchets dangereux, électriques, pneus et extincteurs : filière identifiée pour chacun.
- Volume prévu pour les abandons de fin de séjour, aux dates où cela arrive.
- Points de tri déplacés sur les chemins naturels, pas derrière le local technique.
- Plusieurs petits points plutôt qu'un seul grand.
- Signalétique en pictogrammes, pas seulement en français.
- Capacité calculée sur les trois jours les plus chargés, tournée supplémentaire prévue.
- Eau potable signalée avec un point de remplissage visible.
- Vaisselle réutilisable au snack, avec une consigne simple.
- Compostage des déchets verts vérifié auprès de la collectivité.
- Levées par mois notées à côté des nuitées du même mois.
Le sujet n'a rien de spectaculaire, mais c'est l'un des rares où l'obligation et l'économie vont dans le même sens : chaque flux correctement séparé coûte moins cher que le tout venant, et chaque bouteille qui n'est pas achetée ne se jette pas. Reprenez la zone de tri en novembre, quand le terrain est vide et que vous vous souvenez encore de ce qui a débordé en août. Pour garder réservations, clients et messages au même endroit, regardez les solutions pour campings du littoral ou écrivez-nous.