Vu par un pompier, un camping est le pire endroit possible : des gens qui dorment sous de la toile et du plastique, une bouteille de gaz par auvent, des pins au-dessus, et la moitié des occupants qui ignorent où est la sortie parce qu'ils sont arrivés hier. Cela ne veut pas dire que votre terrain est dangereux. Cela veut dire que la sécurité incendie est la seule partie de la gestion où une demi-heure de préparation change le résultat d'une nuit.
Voici ce qu'on attend d'un exploitant en France, et où il faut demander confirmation plutôt que supposer, parce qu'une partie se décide au niveau du département et de la commune.
D'abord : dans quel régime vous êtes
Trois appels avant d'acheter quoi que ce soit.
- À la mairie et à la préfecture. Votre terrain est-il dans une zone exposée au risque d'incendie de forêt, et un arrêté préfectoral vous impose-t-il des obligations légales de débroussaillement. C'est l'obligation la plus lourde, la plus contrôlée et celle dont le non-respect est le plus facile à constater.
- Sur le cahier de prescriptions de sécurité. Les terrains situés dans une zone soumise à un risque naturel ou technologique prévisible doivent disposer d'un cahier qui fixe l'information, l'alerte et l'évacuation des campeurs. Faites-vous confirmer par écrit si vous entrez dans le champ et ce qu'on attend de vous.
- Au service départemental d'incendie et de secours. Demandez-leur de venir voir le terrain hors saison. Ils viennent, et en une heure ils vous disent plus que n'importe quel rapport.
Le débroussaillement, quand il s'applique
Dans les départements concernés, les obligations légales de débroussaillement portent sur une bande autour des constructions et des installations, et sur les abords des voies. La largeur, le calendrier et le périmètre exact sont fixés par arrêté préfectoral, et ils ont été renforcés ces dernières années. Deux conseils pratiques : récupérez l'arrêté en vigueur chaque année plutôt que de travailler de mémoire, et photographiez le travail fait avec la date. Le jour où on vous le demande, les photos datées valent plus qu'une facture.
Le gaz et les barbecues, là où presque tout commence
La plupart des départs de feu sur un terrain ne viennent pas de la forêt mais d'un auvent. Du butane avec un tuyau périmé, un barbecue à deux mètres d'une toile, un chauffage d'appoint dans une tente. Ce que vous pouvez faire sans dépenser un euro :
- Écrivez dans le règlement intérieur où l'on peut cuisiner au feu et où non, et dans quelles conditions météorologiques c'est interdit totalement.
- Installez des barbecues collectifs en dur, bien placés, et interdisez le charbon sur les emplacements les jours de vent.
- Limitez le nombre de bouteilles par emplacement et interdisez de les ranger dans un coffre fermé sans ventilation ou dans le plancher d'un auvent.
- Pour les résidents à l'année, exigez le contrôle de l'installation gaz de la caravane et conservez le justificatif. Mettez l'obligation au contrat avant le prochain renouvellement.
- Dites-le à l'accueil en remettant la clé. Dix secondes à l'arrivée fonctionnent mieux qu'un panneau.
- Surveillez l'arrêté préfectoral de l'été : dans beaucoup de départements, l'usage du feu est restreint ou interdit à partir d'un certain niveau de risque, et c'est à vous de relayer l'information.
Les moyens matériels, ceux qu'on vérifie vraiment
- Extincteurs. Accessibles, signalés, pas derrière une pile de chaises, avec la maintenance à jour. Classez les rapports par date.
- Les bâtiments sont souvent des établissements recevant du public. Le terrain lui-même n'est pas un ERP, mais le bloc sanitaire, la salle d'animation, le bar ou la supérette peuvent l'être, avec leurs propres obligations et leur registre de sécurité. Faites préciser le classement de chacun de vos bâtiments.
- Registre de sécurité tenu, à jour, avec les rapports de vérification et les levées de réserves.
- Vérification des installations électriques par un organisme ou une personne compétente, consignée.
- Signalisation d'évacuation visible la nuit. Une signalétique photoluminescente de dix ans ne luit plus.
- Voies de circulation libres, largeur, hauteur de passage et rayons de giration pour un engin de secours. Les branches basses et les voitures garées dans les allées sont le défaut le plus fréquent et le plus simple à corriger.
- Poteaux et réserves d'eau accessibles et signalés, si le SDIS en a prescrit.
La nuit où cela arrive
Si vous devez évacuer à trois heures du matin, le résultat dépend de deux choses qui ne s'improvisent pas. La première est de savoir qui est sur quel emplacement à cet instant, y compris ceux arrivés l'après-midi même et les enfants. La seconde est de pouvoir les prévenir.
Écrivez donc, avant la saison, qui appelle le 18 ou le 112, qui coupe le gaz et l'électricité, qui ouvre la barrière, qui tient le point de rassemblement et qui compte les présents, avec un nom et un remplaçant par permanence. Préparez le message d'alerte en français, anglais et néerlandais. Et prévoyez que pour les campeurs sous toile, aucun message ne remplace le fait de frapper.
Là, avoir l'occupation enregistrée plutôt qu'en mémoire change quelque chose. CampSuite garde chaque réservation avec ses occupants et leurs coordonnées, son acompte et ses messages au même endroit, y compris sur un téléphone, réunit les réservations prises en ligne et celles prises à la main dans un seul planning, affiche les arrivées et les départs du jour et envoie les messages aux campeurs : vous avez donc la liste réelle par emplacement sur votre téléphone, et vous écrivez en une fois à tous ceux qui sont là ce soir. Le détail est sur la page des fonctionnalités, et ce que cela change selon votre terrain sur la page des solutions. Le cahier de prescriptions et les rapports d'extincteurs restent votre classeur : cela, rien ne le remplace. Le reste de la préparation aux aléas climatiques est dans le billet sur les orages et intempéries.
La checklist avant l'ouverture
- Arrêté préfectoral de débroussaillement de l'année récupéré et classé.
- Débroussaillement fait, photographié et daté.
- Champ d'application du cahier de prescriptions de sécurité confirmé par écrit.
- Visite du SDIS effectuée, observations notées.
- Classement ERP de chaque bâtiment précisé.
- Registre de sécurité à jour.
- Extincteurs vérifiés, signalés, accessibles.
- Vérification électrique périodique consignée.
- Signalisation d'évacuation visible de nuit, point de rassemblement marqué.
- Allées dégagées, branches basses coupées, hauteur de passage contrôlée.
- Règlement intérieur avec les règles de feu, de gaz et de barbecue, traduit.
- Contrôles gaz des caravanes à l'année demandés et classés.
- Chaîne d'alerte écrite, avec noms et remplaçants par permanence.
- Message d'alerte prêt en trois langues.
- Saisonniers formés le premier jour, avec émargement.
C'est un après-midi de travail et deux coups de téléphone, et c'est l'après-midi dont vous ne disposerez pas le jour venu. Si vous voulez qu'on regarde ensemble comment votre planning et vos coordonnées de campeurs sont organisés, écrivez-nous depuis la page de contact ; les tarifs de chaque formule sont sur la page des tarifs.