Le snack du camping est presque toujours né par accident. Il y a d'abord eu une machine à café, puis un frigo à bières, puis quelqu'un a demandé un sandwich, et à partir de là personne n'a revérifié ce qu'il fallait pour le faire légalement. C'est l'un des rares coins du terrain où l'écart entre "on fait ça depuis des années" et "ce n'est pas en règle" peut être large sans que cela se voie, jusqu'au jour du contrôle.
Voici ce qu'il faut, avec les noms français des démarches, et les points sur lesquels il vaut mieux demander une réponse écrite que recopier ce que fait le terrain voisin.
D'abord : que faites-vous exactement
Les obligations changent avec l'activité, et les activités se confondent.
- La vente de produits préemballés: la petite épicerie avec pain, conserves, bouteilles fermées et bouteilles de gaz.
- La restauration, c'est-à-dire servir sur place quelque chose à consommer. C'est une activité à part, avec ses exigences.
- La vente de boissons alcoolisées. C'est la frontière qui change le plus de choses, et elle a son régime propre.
- Réservé aux campeurs ou ouvert à l'extérieur. Cela pèse sur les horaires, le bruit et l'attention qu'on vous portera.
Écrivez laquelle de ces activités vous exercez réellement et emportez cette description en mairie. La plupart des ennuis viennent d'avoir démarré l'une et déclaré l'autre.
L'alcool : la licence et la personne
Si vous servez de l'alcool, deux choses se tiennent ensemble : un titre pour le débit de boissons et une personne formée.
- Le permis d'exploitation. Il s'obtient par une formation spécifique sur les droits et obligations liés à la vente d'alcool, et il est attaché à la personne qui exploite, pas au terrain. Prévoyez la formation avant la saison, pas pendant.
- La déclaration en mairie. L'ouverture, la mutation, la translation ou le transfert d'un débit de boissons se déclarent, dans les formes et les délais prévus. Si vous venez de reprendre le camping, c'est le point à régler avant de servir le premier verre : le sujet est traité dans le billet sur la reprise d'un camping.
- La catégorie de licence détermine ce que vous pouvez servir. Faites confirmer par la mairie et votre fédération celle qui correspond à ce que vous vendez réellement, parce que servir au-delà de ce que couvre votre titre est une infraction simple à relever.
- Les zones protégées. Des arrêtés peuvent interdire un débit à proximité de certains établissements. À vérifier avant d'investir dans un comptoir.
- L'interdiction de vente aux mineurs, avec l'affichage correspondant. Instruisez vos saisonniers par écrit : l'amende tombe sur vous.
L'hygiène : le plan et surtout les relevés
Dès que vous manipulez des denrées, deux obligations se présentent : une déclaration de votre activité auprès des services vétérinaires de votre département, et un plan de maîtrise sanitaire fondé sur les principes HACCP. La restauration commerciale demande en outre qu'au moins une personne de l'établissement ait suivi la formation en hygiène alimentaire.
Ce qu'on vous demandera lors d'un contrôle, ce ne sont pas vos bonnes intentions mais vos relevés :
- Températures des réfrigérateurs, congélateurs et vitrines, relevées et notées avec la date, l'heure et l'initiale de qui a mesuré. Deux fois par jour l'été.
- Actions correctives. Un frigo hors plage n'est pas un problème ; un frigo hors plage sans la ligne qui dit ce que vous avez fait ensuite, si.
- Nettoyage et désinfection, avec le plan et la fiche émargée.
- Traçabilité: factures et bons de livraison classés de façon à pouvoir dire d'où vient chaque produit.
- Allergènes. L'information sur les allergènes des denrées non préemballées doit être à disposition du client, par écrit ou par une procédure clairement indiquée. Une feuille plastifiée au comptoir est la solution la plus simple et la plus souvent absente.
- Affichage des prix de ce que vous servez, lisible de l'extérieur et à l'intérieur, comme pour le reste du terrain : le cadre est dans le billet sur l'affichage des prix.
La règle pratique : ce qui n'a pas de date et d'initiale n'existe pas lors d'un contrôle.
Musique, bruit et horaires
- La musique. Diffuser de la musique dans un établissement ouvert au public donne lieu à rémunération des auteurs et des producteurs, auprès des organismes compétents. Cela se règle avant, pas après la première soirée avec un groupe.
- Le bruit. Les niveaux et les plages horaires relèvent de la réglementation sur les bruits de voisinage et des arrêtés locaux. Si vous avez des habitations proches, une soirée en extérieur peut demander une autorisation, à demander à l'avance pour chaque date.
- Les horaires de fermeture sont fixés par arrêté et changent, notamment l'été. Vérifiez l'arrêté en vigueur chaque année, pas seulement la première fois.
Là où cela rejoint le reste du terrain
Un snack dans un camping a un avantage qu'un bar de village n'a pas : vous savez qui sont vos clients et où ils dorment. Servez-vous en. Mettez les horaires du snack dans la confirmation de réservation et envoyez un message le jour de l'arrivée, parce qu'une grande partie du chiffre perdu, c'est simplement des gens qui ne savaient pas que c'était ouvert.
CampSuite garde chaque réservation avec ses occupants et leurs coordonnées, son acompte et ses messages au même endroit, y compris sur un téléphone, envoie les confirmations et les messages aux campeurs, affiche les arrivées et les départs du jour et donne les chiffres de réservations, d'occupation et de recettes. En pratique vous pouvez prévenir tous les campeurs présents que ce soir le snack ferme plus tard, et savoir combien de personnes seront là demain avant de commander le pain. Le détail est sur la page des fonctionnalités, et ce que cela change selon votre terrain sur la page des solutions.
La checklist
- Activité décrite par écrit : vente, restauration, alcool, et pour qui.
- Permis d'exploitation obtenu par la personne qui exploite.
- Déclaration en mairie faite, dans les formes et les délais.
- Catégorie de licence confirmée comme couvrant ce que vous servez.
- Zones protégées vérifiées avant d'investir.
- Affichage de l'interdiction de vente aux mineurs, saisonniers instruits par écrit.
- Déclaration d'activité auprès des services vétérinaires.
- Formation en hygiène alimentaire suivie par au moins une personne.
- Plan de maîtrise sanitaire écrit pour ce local, pas un modèle générique.
- Relevé de températures deux fois par jour, émargé.
- Actions correctives notées à chaque écart.
- Plan et fiche de nettoyage.
- Traçabilité : factures et bons classés.
- Information allergènes disponible au comptoir.
- Prix affichés, dedans et dehors.
- Droits de musique réglés avant la saison.
- Arrêtés sur le bruit et les horaires vérifiés cette année.
- Horaires du snack dans la confirmation de réservation.
Deux matinées de travail en février, et le snack cesse d'être la partie du camping dont on espère qu'on ne la regardera pas de trop près. Pour en parler, écrivez-nous depuis la page de contact ; les tarifs de chaque formule sont sur la page des tarifs.