Le salon du mois de novembre est redoutable. On y voit une tente safari meublée, on apprend qu'elle se loue 140 euros la nuit en août, on fait le calcul dans la tête et on repart avec un devis. Puis arrive la terrasse, le raccordement, les sanitaires, le linge, et la facture finale n'a plus rien à voir avec le prix affiché sur l'étiquette.
L'hébergement insolite est souvent un bon investissement. Mais il est bon pour des raisons précises, et il faut les vérifier avant de signer, pas après. Voici dans quel ordre.
Le coût réel, et non le prix du catalogue
Faites la liste complète, poste par poste, avec un devis pour chaque ligne :
- L'hébergement livré et monté, avec la TVA et le transport.
- Le support : plancher, plots, dalle, terrassement. C'est la ligne la plus souvent oubliée et rarement la plus petite.
- La terrasse, le garde corps et l'escalier si le plancher est surélevé.
- Les raccordements : eau, électricité et surtout eaux usées. Si le point de rejet est à quarante mètres, cette ligne peut coûter plus cher que la terrasse.
- Les sanitaires si l'hébergement en comporte, ou le chemin éclairé vers le bloc s'il n'en comporte pas.
- Le chauffage si vous visez l'avant et l'arrière saison, ce qui est généralement là que se trouve l'intérêt.
- L'équipement : literie, linge en deux jeux, vaisselle, mobilier d'extérieur.
- L'aménagement autour : haie, écran, éclairage, pour que le client paie l'intimité qu'il croit acheter.
Additionnez. C'est ce montant, et pas celui du devis du fabricant, qui entre dans le calcul.
Combien de nuits pour rentrer
Le calcul tient en trois lignes.
- La recette nette par nuit : votre tarif moyen sur l'année, hors taxe de séjour que vous ne faites que collecter, moins le coût variable réel d'une nuit vendue, c'est à dire le ménage réparti sur le séjour, le linge, l'eau, l'électricité et les frais d'encaissement.
- Le nombre de nuits vendables : soyez honnête. Une tente non chauffée se vend de mai à septembre, pas toute l'année, et jamais à cent pour cent.
- Le coût installé divisé par la recette nette par nuit : cela vous donne le nombre de nuits pour rentrer, et donc le nombre de saisons.
Puis la question que presque personne ne pose : qu'est ce que cet emplacement rapportait avant ? Un hébergement insolite prend souvent la place d'un ou deux emplacements nus qui se louaient. Le gain n'est pas la recette de l'hébergement, c'est la différence. Les deux modèles sont comparés dans l'article sur les emplacements nus et locatifs.
Si vous arrivez à quatre ou cinq saisons, c'est en général jouable. Si vous arrivez à neuf, le modèle ne tient que si l'unité attire une clientèle que vous n'avez pas aujourd'hui, et il faut alors le démontrer autrement qu'en l'espérant.
L'urbanisme : à vérifier avant de commander
C'est le point qui fait annuler des projets déjà payés. Le code de l'urbanisme distingue les habitations légères de loisirs et les résidences mobiles de loisirs, et leur implantation sur un terrain de camping est encadrée : ce que vous pouvez installer, sans formalité ou avec une déclaration préalable, dépend de la nature de l'hébergement, de sa surface de plancher, de son caractère démontable ou non, et du régime de votre terrain.
Trois réflexes, dans cet ordre :
- Allez voir le service urbanisme de votre commune avec la fiche technique du fabricant, avant le devis. Une visite de vingt minutes en novembre vaut mieux qu'un courrier en juillet.
- Vérifiez la proportion de locatifs sur votre terrain. Au delà d'une certaine part, un terrain de camping peut relever d'un autre régime, celui du parc résidentiel de loisirs, avec des conséquences lourdes. Faites confirmer votre situation plutôt que de l'estimer.
- Regardez l'effet sur votre classement. Un changement dans la composition du terrain se déclare, et peut jouer sur la catégorie. Voyez l'article sur le classement.
Ajoutez les sujets qui suivent l'installation : la sécurité incendie et les règles d'implantation applicables à votre terrain, traitées dans l'article sur la sécurité incendie, et votre assurance, qu'il faut prévenir avant la livraison et non après le premier sinistre.
Ce que l'exploitation va vous coûter en heures
Un hébergement insolite n'est pas un emplacement : c'est une chambre d'hôtel posée sur votre terrain.
Comptez les heures de ménage par départ, et comptez les vraies : une tente safari avec deux chambres, une cuisine et une terrasse demande nettement plus qu'un mobil home récent, parce que le bois, la toile et les moustiquaires ne se nettoient pas d'un coup d'éponge. Comptez aussi le linge, les deux jeux, le lavage et le repassage ou le prestataire.
Et prévoyez le jour de départ fixe. Si vous ajoutez trois unités, trois départs répartis au hasard dans la semaine occupent votre équipe tous les jours ; trois départs le même matin tiennent en une matinée. La mécanique de rotation est la même que pour les mobil homes, décrite dans l'article sur les mobil homes.
Côté facturation, la taxe de séjour se calcule et s'affiche à part comme pour le reste du terrain, et le tarif applicable dépend de la nature et du classement de l'hébergement : vérifiez le dans la délibération de votre collectivité. Voyez l'article sur la taxe de séjour.
Ce que vous saurez au bout d'un an
Notez dès la première saison quatre chiffres pour cette unité seule : nuits vendues, recette, heures de ménage, et nombre de refus faute de disponibilité. Le dernier est le plus utile : c'est lui qui vous dira s'il faut une deuxième unité, et c'est le seul que personne ne note.
Avec CampSuite, chaque réservation garde ses clients et leurs coordonnées, son acompte et ses messages au même endroit, y compris depuis un téléphone ; les emplacements, les locatifs et les hébergements insolites tiennent dans le même planning avec leurs propres tarifs, donc une unité n'est jamais proposée deux fois ; et les rapports donnent les réservations, l'occupation et les recettes, ce qui permet de suivre cette unité seule au lieu de la noyer dans le total. Voyez les fonctionnalités et la page consacrée aux locatifs. La lecture d'ensemble de la saison est dans l'article sur les chiffres après la saison.
À vérifier avant de signer le devis
- Coût installé complet chiffré, support et raccordements compris.
- Distance au point de rejet des eaux usées vérifiée sur le terrain.
- Recette nette par nuit calculée, hors taxe de séjour.
- Nombre de nuits vendables estimé honnêtement, chauffage ou non.
- Recette de l'emplacement remplacé déduite du gain.
- Nombre de saisons pour rentrer calculé et accepté.
- Service urbanisme consulté avec la fiche technique.
- Proportion de locatifs sur le terrain confirmée.
- Effet sur le classement vérifié et déclaré.
- Assurance prévenue avant la livraison.
- Heures de ménage par départ mesurées, pas estimées.
- Jour de départ fixe décidé si vous ajoutez plusieurs unités.
- Tarif de taxe de séjour applicable vérifié dans la délibération.
- Quatre chiffres suivis dès la première saison.
Un hébergement insolite bien choisi remplit vos ailes de saison et change la photo de couverture de votre camping. Mal calculé, il occupe votre meilleur emplacement et vous coûte des heures de ménage. La différence se joue en novembre. Pour en parler, écrivez nous depuis la page de contact ; les tarifs des différentes formules sont sur la page des tarifs.